LE TEXTE INTÉGRAL · Vianna Spring
D'enchaîné à briseur de chaîne
Il est né moins que rien, dans la colonie de Saint-Domingue, victime de l'histoire et du côté obscur de la nature humaine. Mais son épée a fait naître la première république noire du monde libre.
En nous enlevant Toussaint L., espéraient-ils enlever aux insurgés leur soif de liberté, leur besoin de victoire ? On pensait que, sans leader, les murs indigènes tomberaient. Mais, surgit des rangs le soldat Dessalines. Celui-ci ayant goûté aux fouets dans les champs ; ayant vu ses frères mutilés, mis au four ou donnés en pâture aux chiens des colons.
Un homme devenu héros de toute une race. En voulant mourir en homme libre, il nous a permis de naître libre. En effet, il est le père dont on se souvient quand on parle de notre mère Ayiti. Et sans le nom de Jean Jacques Dessalines, indépendance manque de sens. Dans un poème épique, il a fait rimer union, révolution avec nation.
De bossale à général, d'esclave à Empereur, plus qu'un pays, il nous a laissé une histoire dont on est le récit. Une cause qu'on s'efforcera toujours de gagner, et une identité qui doit être mériter. Car, lorsqu'il portait sur ses épaules la cause de toute une race, il nous a montré que la liberté se gagne; et que combattre l'injustice et la dénaturation des humains est un devoir.
Ce 17 octobre, alors qu'on commémore la mort du martyre qu'il était, on célèbre aussi le nouveau monde (libre) qu'il nous a légué. Que le courage qui l'a amené jusqu'à la victoire nous inspire afin que nous puissions nous débarrasser de toute forme d'oppression ou de colonialisme qui entrave notre liberté ! Que la mémoire de son patriotisme allume le nôtre pour qu'on fasse prospérer nos nations ! <<Car nous voulons tous vivre en hommes et femmes libres>>. Merci Papa Dessalines